Derrière l’objectif
Photographe poétique et onirique

Une vocation née entre art, science et émotion
La photographie s’est construite en moi au fil du temps, presque naturellement. Dès l’enfance, mon regard s’est laissé captiver par la nature, la lumière et l’art. Pourtant, à l’adolescence, j’ai dû faire un choix et c’est vers les sciences expérimentales que je me suis tournée.
Mais l’image ne m’a jamais quittée. Elle a continué à m’habiter, discrètement, comme un fil invisible entre ma curiosité et ma sensibilité. En 2009, la découverte fortuite d’un magazine de macrophotographie a marqué un tournant. J’ai alors trouvé le lien parfait entre expérimentation et création.
Ainsi, la photographie est devenue plus qu’un simple outil d’expression. Elle traduit mes émotions et reflète mes ressentis profonds. C’est à travers l’objectif que je cherche à capter l’invisible, à rendre visible l’intime. Mon appareil devient alors le prolongement d’un regard intérieur, sensible et engagé.


L’art pour explorer le monde et son propre regard
Mon approche photographique s’inspire de la nature et de l’univers pictural. Les jeux de lumière chez Turner, les ambiances impressionnistes ou encore les couleurs de Rothko façonnent ma vision du monde. Ils nourrissent mon regard et influencent ma manière de composer mes images.
Je m’intéresse également au rapport au temps, une dimension que j’ai d’abord explorée à travers les sciences. Avec la pose longue, j’étire les secondes et efface le superflu. Grâce à la technique de l’Intentional Camera Movement (ICM), je suggère le mouvement, l’abstraction, une autre forme de temporalité. Ainsi, la photographie me permet d’interroger le temps, de le modeler. Cette démarche traverse aussi bien mes paysages que mes portraits animaliers, où je cherche à révéler la vérité fugace d’un regard.
J’explore volontiers le minimalisme et l’onirisme : chaque image devient alors une invitation à ressentir. Le post-traitement prolonge cette atmosphère intemporelle en renforçant les contrastes ou en retravaillant les ciels.
Entre Paris, où j’enseigne les sciences depuis plus de vingt ans, et la Bretagne, source d’inspiration, je crée un dialogue sensible entre espace, émotion et lumière.